jeudi 17 décembre 2009

L'Ange et l'Enfant


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« Chaque fois qu’un enfant meurt, un ange de Dieu descend sur la terre, prend l’enfant mort dans ses bras, ouvre ses larges ailes, parcourt tous les lieux que l’enfant a aimé, et cueille une poignée de fleurs. Ces fleurs, tous deux les portent au bon Dieu pour qu’il les fasse refleurir là-haut plus belles que sur la terre. Le bon Dieu presse les fleurs sur son coeur, et, celle qu’il préfère, il y dépose un baiser. Ce baiser lui donne une voix et la fait se mêler aux choeurs des bienheureux.»

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Voilà ce que racontait un ange de Dieu en emportant un enfant mort au ciel, et l’enfant l’écoutait comme en rêve. Et ils volaient au-dessus des lieux où le petit avait joué, sur des jardins parsemés de fleurs admirables.

« Lesquelles emporterons-nous pour les planter au ciel ? » demanda l’ange.

Près d’eux se trouvait un rosier magnifique, mais une méchante main en avait brisé la tige de sorte que les branches chargées de boutons à peine éclos pendaient et se desséchaient de tous côtés.

« Pauvre arbre, dit l’enfant ; prends-le pour qu’il refleurisse là-haut près de Dieu.»

Et l’ange prit le rosier. Il embrassa l’enfant ; le petit ouvrit ses yeux à moitié.

Ils cueillirent partout de riches fleurs, sans mépriser la dent-de-lion si souvent dédaignée, ni la pensée sauvage.

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« Nous avons assez de fleurs maintenant, » dit l’enfant et l’ange fit un signe d’assentiment, mais ils ne volèrent pas encore vers Dieu.

Déjà il faisait nuit, partout régnait un profond silence ; ils passaient au-dessus d’une petite rue sombre et étroite, remplie d’un amas de vieille paille, de cendres et de balayures. C’était le jour des déménagements ; toutes ces assiettes brisées, tous ces morceaux de statues en plâtre, tous ces haillons offraient un aspect peu agréable.

Et l’ange montra à l’enfant, au milieu de ces débris, quelques fragments d’un pot de fleurs ; une motte de terre s’en était détachée, à laquelle tenaient encore les racines d’une grande fleur des champs fanée et jetée au rebut.

« Emportons-la, dit l’ange ; en nous envolant je te dirai pourquoi. »

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Ils s’élevèrent dans l’air, et l’ange fit ce récit :

« Là-bas, dans cette rue sombre, dans une espèce de cave, demeurait un pauvre petit garçon malade. Dès sa plus tendre enfance, il était alité. Parfois, lorsqu’il se sentait mieux, il faisait le tour de la chambre à l’aide de béquilles, et c’était tout.

En été, les rayons du soleil venaient de temps en temps éclairer cette misérable demeure, et alors le petit garçon se réchauffait au soleil regardait le sang rouge circuler dans ses doigts délicats et diaphanes en disant : « Aujourd’hui, Dieu merci, j’ai pu sortir. »

Il ne connaissait la magnifique verdure de la forêt que par une branche de hêtre que le fils du voisin lui avait apportée. Il tenait cette branche au-dessus de sa tête, et il lui semblait ainsi se reposer sous les grands arbres, ayant le soleil en perspective, et pour musique le chant délicieux de mille petits oiseaux.

Un jour de printemps, le fils du voisin lui apporta aussi quelques fleurs des champs, dont l’une, par hasard, avait encore ses racines. Elle fut plantée dans un pot, et placée sur la fenêtre, près du lit.

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Plantée par une main heureuse, elle poussa des rejetons, et produisit chaque année de nouvelles fleurs. C’était le jardin de l’enfant malade, son seul trésor sur cette terre ; il l’arrosait, la cultivait avec soin, et la plaçait toujours de manière à ce qu’elle ne perdît pas un des rayons de soleil qui pénétraient à travers la lucarne. Aussi la fleur se développait et s’embellissait avec ses rêves ; elle fleurissait pour lui, pour lui elle répandait son parfum et prenait des airs coquets.

Lorsque Dieu rappela l’enfant à lui, il s’inclina vers elle avant de mourir.

II y a maintenant une année que l’enfant est chez Dieu, et il y a une année que la fleur est restée oubliée sur la fenêtre et s’est desséchée. Le jour du déménagement, on l’a jetée parmi les immondices de la rue, et c’est cette pauvre fleur fanée que nous avons recueillie dans notre bouquet, car elle a causé plus de joie que la plus riche fleur du jardin d’une reine.


" Mais comment sais-tu tout cela ? "
demanda l’enfant.

" Je le sais, répondit l’ange, parce que j’étais moi-même ce petit garçon malade qui marchait avec des béquilles. Je reconnais bien ma fleur. "

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Et l’enfant, ouvrant tout à fait les yeux, regarda le visage éclatant et superbe de l’ange. Au même instant, ils entrèrent dans le ciel du Seigneur, où la joie et la félicité sont éternelles.

Lorsque Dieu eut pressé l’enfant mort sur son coeur, il poussa des ailes à l’enfant comme à l’autre ange, et se tenant par la main, tous deux s’envolèrent ensemble. Le bon Dieu serra aussi sur son coeur toutes les fleurs, mais il donna un baiser à la pauvre fleur des champs fanée, et aussitôt elle fut douée de la voix et chanta avec les anges qui flottent autour du Seigneur, formant des cercles jusqu’à l’infini, et tous également heureux.

Oui, ils chantaient tous, grands et petits, l'enfant béni, et la pauvre fleur des champs qui avait été jetée toute fanée parmi les ordures, dans la ruelle sombre et étroite.


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Auteur : Hans Christian Andersen


12 commentaires:

Anonyme a dit…

Pourrais tu me dire d ou viens le fond sonore,merci.Mon ange

Lola a dit…

Bonjour,

Merci de ta visite...

Le fond musical est un extrait de la bande originale du magnifique et bouleversant film "Le Labyrinthe de Pan"

Lola

Anonyme a dit…

Bravo pour ce magnifique poème. Tout y est véritable. A notre mort tous les électrons libres qui composent nos corps astraux emmèneront dans leurs immenses mémoires tous nos actes, toutes nos pensées, notre amour, notre haine. De tout cela,les seules fleurs retenues par l'ange seront celles qui exprimeront la justesse et l'honnêteté de nos comportements.
Toute notre vie, soyons justes.
Merci Lola pour ce merveilleux site.
C'est toi notre ange en ce bas monde.
Kernoa

Brigitte Plouy a dit…

Comme d'habitude tu nous fais vibrer au plus profond de notre âme, c'est un très beau cadeau de NOËL que tu nous donnes et que je vais partager avec d'autres!!!!

Roland A E Collignon a dit…

C'est vraiment très beau, Lola, et l'accompagnement aussi.
En ces jours de Noël, on dit souvent que les consciences se réveillent. j'espère qu'elles ne s'endormiront plus après. je pense aux malheureux, aux démunis, déchirés entre la faim et le froid.
je pense aussi aux animaux. d'ailleurs, dans la souffrance, nous sommes si proches...

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Arrivé à la fin de ma vie, le corps et le cœur épuisés
Je repense au passé. Je vais mourir ce soir sous ce chêne sous lequel je me suis allongé et qui va recueillir mon dernier soupir ...
Je te remercie, Eternel pour le pain que tu m’as permis de trouver au fond des poubelles,
Pour ce don du ciel qui m’a permis de boire quand j’avais soif.
Je te remercie pour les cimetières et les églises où j'ai pu dormir et m'abriter.
Oui, Seigneur Eternel, je suis un de ceux parmi tant d'autres qui ne connaissent pas la chaleur, la douceur d’un foyer la saveur d'un os, la caresse d'un maître.
Je ne connais que la douleur des coups de pied dans le dos, les jets de pierre, les pneus des voitures, les tortures, les blessures, les brimades.
On m’a rejeté, poussé dans le ravin, jeté en bas d’un pont, emprisonné dans les fourrières.
Je me souviens alors que je n'étais encore qu’un chiot de ces mains qui m’abandonnaient dans la rue où, j'allais vivre mon épreuve.
J'ai traversé les montagnes, parcourus les sentiers, les forêts et les villes dans tous les temps, et personne ne m'a jamais gardé, personne ne m'a donné de nom.
Dès ma naissance, j'ai toujours été appelé "Chien".
Ô, Eternel, Seigneur, il y a tant de choses que je voudrais vous dire mais mon coeur bat de moins en moins, il ralenti ,et mon souffle se fait plus court

Pardonnez-moi ! Et je vous en prie, faites que la main de l'homme n'abandonne plus
un chiot dans la rue, faites qu’il ne nous tue plus ! Qu’avons-nous fait de mal ?
C'est triste de vivre comme des vagabonds, condamnés à mourir dans la solitude, dans l’indifférence, et tout cela parce que nous n’avons été rien d’autre qu’un chien errant….

Lola a dit…

Bonjour Kernoa,

C'est tellement vrai ce que tu as écris...c'est ainsi que je conçois également ce que nous sommes véritablement et ce que nous emportons dans l'Au-delà...

merci mon ami.

Lola

Lola a dit…

Merci à toi Brigitte pour ton touchant commentaire...en ces périodes difficiles, je tenais à donner un peu d'amour et d'espérance dans le coeur des gens...ce texte m'a énormément touchée et je voulais vous le faire partager afin que tous sache que peu importe les épreuves ici-bas, nous ne sommes que de passage, la libération véritable est dans l'autre monde, notre véritable demeure.

Je t'embrasse ma chère Brigitte et merci encore d'être ce que tu es.

Lola

Lola a dit…

Bonjour Roland et merci pour ce texte si juste et si émouvant...Je n'ai pas de mots pour vous décrire l'émotion que j'ai ressenti en le lisant...c'est tellement profond.

J'espère qu'il touchera le plus de gens possible afin que les consciences restent éveillées et que les changements de comportement et de mentalité s'opèrent.....Il est temps !

Merci encore pour tout ce partage Roland. Vous êtes unique...

Lola

Cildemer a dit…

Bonjour Lola. Merci beaucoup pour le commentaire laissé sur le post consacré à Charlie Chaplin.
Ça m'a fait sourire de voir qu'en plus de notre admiration pour l'oeuvre de Chaplin, on avait aussi dans nos veines l'histoire et l'héritage culturel d'un si petit pays qui fut si grand autrefois.
Merci encore et que ces fêtes de fin d'année vous apportent tout plein d'amour, d'harmonie et de joie.
Beijos.

Lola a dit…

Bonjour et merci Cildemer...toujours ravie de pouvoir échanger avec une compatriote ;o) qui partage les mêmes centres d'intérêt.

Mes meilleurs voeux également pour ces fêtes de fin d'année 2009 à toutes et à tous....Foi, Amour, Espérance et Solidarité à toute l'Humanité pour 2010....

Beijos/Bisous, Lola

Cildemer a dit…

Coucou Lola!
Ça fait plusieurs fois que je passe par ici, et toujours rien:(
J'espère que tout va bien et qu'il y aura bientôt du nouveau ici:)

***
Bises et à bientôt*******

Lola a dit…

Bonsoir Cildemer,

Ca me fait plaisir de te lire, tout va bien oui,...c'est juste que ces derniers temps, je suis prise par d'autres occupations qui me prennent beaucoup de mon temps mais je n'oublie pas pour autant ce blog....je vais d'ailleurs publier incessamment sous peu un nouvel article ;o)

J'espère que de ton côté tout va pour le mieux (j'irai faire un petit tour sur ton blog pour savoir où tu en es dernièrement...)

A bientôt, Beijos, Lola